Recherche
Expérimentation 2 - Animation de découpes 2.5D et 3D
Inspirations
Pour commencer ma recherche, j'ai décidé de me documenter un peu plus sur certains artistes que j'avais bien aimés en classe et leurs animations. J'ai commencé par Yuri Norstein, puisque j'avais beaucoup aimé son style et sa manière de travailler avec le dessin sur acétates (spécialement avec Le Hérisson dans la Brume). J'ai voulu en apprendre plus sur cet artiste et ses oeuvres, c'est pourquoi j'ai visionner plusieurs de ses animations.
Le Hérisson dans la Brume (1975)
J'aime cet animation à cause de son ambiance très particulière, des détails dans le décor et les personnages, et à la manière dont Yuri Norstein a utilisé les acétates pour créer un effet de brume. L'animation est très fluide et j'aimerais beaucoup que mon expérimentation 2 ressemble un peu à ce style d'animation!
Le Conte des Contes (1979) - Partie 1
Voici une autre animation que moi et ma coéquipière avons aimé particulièrement.
Invention of Love (2010)
profondeur/esthétisme/détails
United Airlines ''Dragon'' commercial, par Jamie Caliri
Alexandrine et moi avons particulièrement apprécié les détails présents dans l'animation
À la façon de Norstein, moi et ma coéquipière (Alexandrine Sévigny) allons nous inspirer d'une vieille histoire pour notre animation. Nous avons choisi de faire notre animation en s'inspirant de l'histoire d'Ophélie, de Shakespeare, mais en se référant plus précisément au poème de Rimbaud.
Voici le dit-poème.
Ophélie
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or
II
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !
IIIDans ce poème, Ophélie est représentée comme un élément de la nature, se fondant avec le décor autour d'elle qui soupire, qui émet des plaintes et des pleurs. La nature semble éprise de cette jeune fille au destin tragique, elle veut la dorloter, prendre soin d'elle. Ophélie est également décrite comme un fantôme, une pâle apparition à travers les ondes calmes du ruisseau, suspendue dans le temps et à travers les âges. L'ambiance de la scène est décrite comme irréelle (ambiance qu'on va rendre à l'aide des acétates givrées), mais aussi fragile, douce et d'un certain confort, puisque c'est ce ruisseau qui l'emporte doucement vers son repos éternel. Nous allons nous inspirer de ces descriptions présentes dans le poème pour créer le décor et le personnage de notre animation.
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
Représentation Graphique d'Ophélie
Plusieurs grand artistes ont tenté de représenter Ophélie à travers l'histoire. J'aimerais que nous nous inspirions de l'image tragique d'Ophélie véhiculée par les peintres Pré-Raphaëlites du 19ème siècle. Je crois que de s'inspirer du mouvement de ce mouvement artistique serait parfait en combinaison avec le style de Norstein, grâce à leurs utilisations respectives du clair et de l'obscure pour donner une ambiance dramatique et de l'émotion à leurs œuvres.Voici quelques versions différentes d'Ophélie par les Pré-Rapahëlites.
Eugène Delacroix (3 versions)
John William Waterhouse (3 versions)
John Everett Millais (probablement la version la plus connue)
Close-up
À travers ces multiples peintures, on peut remarquer qu'elles ont toutes une chose en commun; la façon dont Ophélie est représentée est très similaire. Il est vrai que la couleur de ses cheveux peut changer, de même que le style de ses vêtements, mais toutes ces versions sont indéniablement d'une beauté innocente et tragique. Je vais m'inspirer de ces deux attributs pour créer notre propre version d'Ophélie (voir la partie design de l'expérimentation pour le résultat de cette recherche).
Documentation sur Hamlet
Notre équipe a fait quelques recherche sur la pièce Hamlet, d'où provient le personnage d'Ophélie, et avons lu quelques articles, essais et extraits pour nous aider davantage dans notre recherche de contenu pour notre animation. Voici quelques liens vers des textes qui nous ont aidé avec notre compréhension de l'histoire et, finalement, notre scénarimage.
Article 1
Extrait particulièrement intéressant de cet article:
''Ophelia and Madness
Whether they've had sex or not, that's a lot of pressure to put on a young woman. And it's too much for Ophelia. When she goes mad, she sings a bawdy song about a maiden who is tricked into losing her virginity with a false promise of marriage (4.5.7)—part of the reason why many literary critics see Ophelia's madness as a result of patriarchal pressure and abuse.
In the end, it kills her. Gertrude describes it to us (seems right that it's another woman):
When down her weedy trophies and herselfFell in the weeping brook. Her clothes spread wide; And, mermaid-like, awhile they bore her up: Which time she chanted snatches of old tunes; As one incapable of her own distress, Or like a creature native and induedUnto that element: but long it could not beTill that her garments, heavy with their drink, Pull'd the poor wretch from her melodious layTo muddy death. (4.7.2)
Notice how her death seems to be passive? Rather than straight-up committing suicide, as Gertrude tells us, she accidentally falls in the water and then simply neglects to save herself from sinking. Ophelia's "garments" "pull" her down, as if they had a mind of their own. This seems to be a metaphor for the way Ophelia lives her life: doing what her father and brother—and boyfriend—tell her to do, rather than making decisions for herself.''
Article 2
Extrait particulièrement intéressant qui explique qu'Ophélie ne s'est pas réellement suicidée, mais que suite à un accident, elle a décidé de se laisser emporter, lourde de sa douleur et de sa tristesse:
''Looking closely at quotes from the text describing Ophelia’s death, it can be proved that Ophelia did not initially kill herself:
QUEEN:
There is a willow grows askant the brook…There on the pendant boughs her coronet weedsClamb’ring to hang, an envious sliver broke,When down her weedy trophies and herself Fell in the weeping brook.Her clothes spread wide,And mermaid-like awhile they bore her upWhich time she chanted snatches of old lauds,As one incapable of her own distress…
- Act 4, Scene 7, line 190
It says that “an envious sliver broke” which means a branch broke, which was the cause of Ophelia falling into the brook. Therefore, Ophelia did not jump. If Ophelia had for some odd reason decided to kill herself by jumping into the brook, she wouldn’t have brought the branch down with her.
Although Ophelia’s death initially seems to be suicide, reading the text closely shows us that it was not. It is likely that suicide may have crossed Ophelia’s mind, because of the state that she was in, and that given the chance she may have decided to kill herself later on. For the way that she did die, her death appears to have been an accident. The description of Ophelia’s death holds more information about her actions as she drowned. Still, that does not mean that she did not want it. The phrase “Her clothes spread wide, and mermaid-like awhile they bore her up” conveys a very powerful image of Ophelia, spread out and drowning. The pain and grief that she was in was no doubt something she would like to be rid of, and perhaps once the tree branch had broken, and she had fallen into the water she decided that what she had not had the courage to do before had just been done for her. She probably gave up to the currents of the water, and decided to let herself die.''










Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire